American Airlines et Google signent un accord SAF

FacebookTwitterLinkedInPinterest

American Airlines et Google signent un accord de certificats SAF pour accélérer le développement du carburant d’aviation durable

AeroMorning – John Smith – 16 juin 2026

Le 9 juin 2026, American Airlines a annoncé un important accord de certificats de carburant d’aviation durable (SAF) avec Google, conçu pour accélérer la production et l’utilisation de SAF tout en découplant la consommation physique de carburant des déclarations climatiques des entreprises.

Contrairement à un simple contrat d’achat de carburant, cet accord ne signifie pas que Google achète du carburéacteur pour les opérations aériennes. Il s’agit plutôt d’un mécanisme de type « book-and-claim », dans lequel les bénéfices environnementaux du SAF sont séparés du carburant physique et attribués à un acheteur corporate.

Dans le cadre de l’accord, American Airlines va acheter et utiliser physiquement du SAF via ses infrastructures existantes, y compris des livraisons à l’aéroport international de Chicago O’Hare. Sur une période de trois ans, la compagnie prévoit de gérer environ 35 millions de gallons (environ 132 millions de litres) de SAF, contribuant à une réduction estimée de 300 000 tonnes métriques de CO₂.

Google, de son côté, ne prend possession d’aucun carburant physique. L’entreprise achète des certificats SAF, qui représentent les attributs environnementaux vérifiés (c’est-à-dire les réductions d’émissions sur le cycle de vie) générés par le SAF utilisé par American Airlines.

SAF vs certificats SAF (SAFc) : la distinction clé

Cet accord repose sur une séparation fondamentale entre deux éléments :

Carburant d’aviation durable (SAF)

  • Un carburant aéronautique de substitution (« drop-in fuel »)
  • Produit à partir de matières premières renouvelables ou issues de déchets (par exemple huile de cuisson usagée)
  • Mélangé au carburéacteur conventionnel et brûlé dans les moteurs d’avion
  • Livré physiquement via les infrastructures de distribution des aéroports

Certificats SAF (SAFc)

  • Un instrument environnemental numérique
  • Représente la valeur de réduction d’émissions du SAF, et non le carburant lui-même
  • Permet à un tiers (comme Google) de revendiquer les réductions de carbone associées
  • Utilise des systèmes de registre pour suivre, attribuer et comptabiliser les bénéfices climatiques

En termes simples:
SAF = le carburant physique brûlé dans les avions
SAFc = le bénéfice de réduction carbone associé à ce carburant

Pourquoi Google utilise ce modèle

La participation de Google au SAF via des certificats plutôt que par un achat direct de carburant reflète plusieurs contraintes structurelles de la décarbonation du transport aérien.

1. La logistique du carburant est contrôlée par les compagnies aériennes

Les chaînes d’approvisionnement en carburéacteur sont détenues et exploitées par les compagnies aériennes et les réseaux carburant des aéroports. Les acheteurs corporate ne peuvent pas accéder directement au SAF à grande échelle.

2. Les émissions proviennent des déplacements professionnels, pas de l’exploitation du carburant

Les émissions aériennes de Google proviennent principalement des voyages de ses employés. Les certificats SAF permettent d’associer des réductions d’émissions à cette empreinte indirecte sans exploiter de flotte ni d’infrastructures carburant.

3. L’offre de SAF reste limitée

La production mondiale de SAF demeure contrainte. Le système « book-and-claim » permet de soutenir la production même lorsque le carburant physique n’est pas disponible dans les aéroports de départ des entreprises.

4. Un mécanisme de montée en échelle de la production

En engageant des capitaux via des certificats SAF, Google crée des signaux de demande à long terme, aidant les compagnies aériennes et les producteurs à justifier des investissements dans de nouvelles capacités de production.

Un modèle de décarbonation basé sur la séparation de la valeur

L’accord illustre un mécanisme climatique hybride :

  • Couche physique : le SAF est produit par des fabricants de carburant, distribué via les infrastructures aéroportuaires et utilisé par American Airlines dans ses opérations aériennes
  • Couche financière : Google achète les attributs environnementaux via des certificats SAF
  • Couche comptable : les réductions d’émissions sont attribuées via un système de registre

Cette structure permet d’accélérer la réduction des émissions du transport aérien au-delà de ce que la seule disponibilité physique du SAF permettrait.

Conclusion

L’accord entre American Airlines et Google n’est pas une transaction classique de carburant. Il s’agit d’un mécanisme de financement basé sur les certificats SAF, conçu pour :

  • soutenir le déploiement réel du SAF dans les opérations aériennes
  • attribuer des réductions d’émissions vérifiées à des acheteurs corporate
  • accélérer les investissements dans la capacité de production de SAF

En substance, ce modèle sépare ceux qui brûlent le carburant de ceux qui financent le bénéfice climatique, permettant une participation plus large à la décarbonation de l’aviation tandis que l’offre physique de SAF continue de se développer.

Source: AeroMorning

Abonnez-vous à notre newsletter

Nous ne vous enverrons jamais de spam ni ne partagerons votre adresse électronique.