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Préparer la « guerre des drones » : un enjeu stratégique

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Préparer la « guerre des drones » : un enjeu stratégique

Renforcer de toute urgence la lutte anti-drones (LAD) et doter nos forces armées d’une capacité de drones bon marché, « sacrifiables » sur le champ de bataille, c’est ce que préconise un rapport de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, rendu public hier.

Se fondant sur des exemples récents (la campagne turque dans le nord de la Syrie au printemps 2020, la guerre de septembre 2020 au Haut-Karabagh notamment), le rapport souligne le rôle de premier plan que les drones joueront demain dans les conflits et s’inquiète de la faiblesse des moyens des armées face à cette menace.

« Ces conflits récents ont été marqués par une utilisation massive des drones et selon de nouveaux modes opératoires (vols en essaim, attaques saturantes, attaques suicides…), contre lesquels les défenses sol-air se sont avérées inefficaces », fait observer Cédric Perrin, co-auteur du rapport.

La menace concerne aussi le territoire national, où le nombre de drones en circulation a considérablement augmenté ces dernières années, et avec lui le nombre d’incidents, volontaires ou non.

C’est un enjeu très fort pour l’Armée de l’air et de l’espace qui est responsable de la sûreté aérienne et donc de la LAD lors des grands événements sur le territoire.

Les initiatives se multiplient pour tenter de répondre à cette menace, alors qu’un marché vient d’être lancé pour acquérir une nouvelle solution complète de LAD. Il faut allouer à cette priorité des moyens budgétaires suffisants.

En outre, pour les rapporteurs, la lutte anti-drones ne saurait se réduire à une question capacitaire : l’entraînement des forces, la lutte dans le champ informationnel doivent faire partie des réponses, de même que l’organisation et le contrôle de la navigation dans l’espace aérien de basse altitude.

Par ailleurs, pour s’adapter au retour à des conflits de plus haute intensité, les rapporteurs proposent de doter les armées de drones peu élaborés et peu coûteux, pouvant être utilisés comme des consommables, à la place ou en complément des moyens aériens classiques, face à des défenses adverses de plus en plus robustes.

Pour les rapporteurs « il s’agit d’une capacité à ne pas négliger si l’on veut que nos armées tiennent leur rang dans les guerres futures ».

Le rapport plaide aussi pour la poursuite du rattrapage capacitaire en matière de drones, regrettant que des programmes tels que le système de lutte anti-mines futur (SLAM-F) et le programme de capacité hydrographique et océanographique du futur (CHOF) de la Marine soient retardés.

Il est urgent de livrer à l’Armée de terre les drones tactiques SDT Patroller et de faire aboutir le programme de l’Eurodrone destiné à permettre le remplacement des Reaper dans quelques années.

Enfin, les rapporteurs recommandent de favoriser l’agilité des modes d’acquisition.

Un domaine aussi évolutif que celui des drones s’accommode mal de la lenteur et du formalisme des procédures d’achat. Il faut aussi simplifier la réglementation, notamment en ce qui concerne la certification de la navigabilité et l’insertion des drones dans la circulation aérienne générale.

« Il faut absolument éviter que l’excès de normes vienne réduire le bénéfice que les armées peuvent tirer de l’acquisition d’équipements performants », a insisté Gilbert Roger, co-rapporteur.

SOURCE : Sénat

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