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La Normandie aéronautique et spatiale

La Chronique Aeromorning de Michel PolaccoVirus Covid 19 et secteur aéronautique

La Normandie aéronautique et spatiale.

www.aeromorning.com Septembre 2020

Pour survivre soyons groupés. Bien avant la crise que nous traversons et qui impacte douloureusement le secteurs aérospatial et de la défense, nombre d’entreprises et de services ont choisi de se regrouper pour mieux peser dans leur secteur d’activité. Cela ne date pas d’aujourd’hui, on se souvient que l’ancêtre du GIFAS est né en 1908.

En effet, la chambre syndicale des industries aéronautiques a été créée le 11 janvier 1908 par un groupe de pionniers aux noms célèbres et respectés : Robert Esnault-Pelterie, Louis Blériot, Louis Charles Breguet et Gabriel Voisin. Elle est devenue en 1936 l’Union Syndicale des Industries Aéronautiques (USIA), en 1961 on y a rajouté le nouveau secteur du spatial, et c’est devenu l’Union Syndicale des Industries Aéronautiques et Spatiales (USIAS), enfin en 1975 le Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS) est né, sous une forme plus moderne et surtout plus axée sur l’utilisation des moyens modernes de communication.

Entre temps les industriels « équipementiers » puis ceux des télécommunications, toujours regardés comme des « petits » en regard des avionneurs, se sont également regroupés puis ont finalement rejoint ce qui est aujourd’hui le GIFAS. Très grandes, grandes, moyennes, petites et très petites entreprises sont ainsi valorisées par ce rassemblement. D’autant plus que le GIFAS est, entre autres, l’organisateur chaque deux ans du célèbre et unique « salon International de l’Aéronautique et de l’Espace » du Bourget, qui ne dédaigne pas le secteur de la défense, et qui marque dans le monde entier le « poids » de cette industrie française de pointe dans son ensemble.

Mais dans ce grand ensemble, certains ont quelques difficultés à émerger. Et c’est ainsi que nombre de tous les acteurs du secteur, incluant les universités, les laboratoires de recherches, les grandes écoles, et des services techniques et administratifs de l’Etat ont jugé utile de se rassembler dans des « pôles », comme par exemple autour de Toulouse, de Bordeaux, et même de la Normandie, plus éclatée, mais très active dans tous ces domaines.

Ainsi, je veux parler de NAE, Normandie Aéronautique et Spatiale, le réseau des acteurs de l’aéronautique, du spatial, de la défense et de la sécurité en Normandie.

NAE a été fondée en 1998 et l’association est maintenant constituée de 160 membres dont les aéroports de Rouen et de Caen, de grands groupes industriels, dont certains de dimension mondiale comme Safran, Ariane Group (Airbus/Safran) d’une grande base militaire dédiée au transport, celle d’Evreux, la BA 105, et de nombreuses entreprises de toute taille, PME, PMI, ETI, start-up, ainsi que de laboratoires de recherche et d’établissements d’enseignement supérieur. Au total, ce regroupement ou cette association fédère et soutient plus de 21.000 salariés et affichait pour 3,7 milliards d’Euros de chiffre d’affaires en 2018. C’’est moins que Toulouse qui dépasse les 100.000, et 700 entreprises ou Bordeaux Aquitaine aéronautique et spatial qui affiche des chiffres sensiblement comparables.

En se groupant, ces acteurs du secteur parviennent à bénéficier de soutiens pour recruter, de formations adaptées pour les personnels nécessaires, d’aides de l’Etat ou de l’Europe, sur certains dossiers. Leurs poids régional en plus de leur poids national en fait des interlocuteurs respectables et indispensables. Bien sur il est ici inutile de citer ou de détailler les activités concernées qui vont de la quincaillerie a la fabrication d’avions ou de fusées en passant par l’exploitation des matériels, la formation, l’entraînement, les essais au sol et en vol, ou dans des simulateurs y compris spatiaux.

NAE, dont je parlais plus haut, rassemble à présent, et malgré les aléas du Covid19, des travaux de plusieurs acteurs consacrés à la fiabilité des systèmes et des composants à l’heure de l’électrification des systèmes, au moment où chacun se penche sur l’avion plus vert et la décarbonation. L’utilisation de nouvelles technologies est un levier indispensable pour atteindre cette ambition.

Ainsi on peut citer le projet DiThAA pour le développement de nouvelles solutions de refroidissement pour les systèmes de communication 5G et Internet à bord des avions grâce à la miniaturisation des antennes (antennes actives). Le sujet n’est pas marginal. Encore moins alors que quelques hommes des cavernes récusent la 5G ! La technologie d’antenne active pour les aéronefs est difficile à maîtriser car elle présente la problématique de dissipation thermique du fait d’une miniaturisation accrue et d’une augmentation de la puissance émise associée dans un volume qui se réduit. Il est donc indispensable de s’assurer de la fiabilité de tels système. DiThAA, (pour Dissipation Thermique des Antennes Actives), va permettre d’explorer deux pistes de solutions de refroidissement innovantes pour lever ce verrou.

NAE coordonne plusieurs partenaires régionaux : AREELIS Technologies, ESIGELEC au travers de son laboratoire de recherche, l’IRSEEM, INSA Rouen Normandie avec le LMN, NXP et SAFRAN, avec le soutien de la Région Normandie et du FEDER. Initié en janvier 2020 il doit s’achever en juin 2022.

Le travail de NAE ne s’arrête pas là. Elle soutient l’IUT de Rouen dans le développement de formations de haut niveau autour des Micro-ondes et Radar (MRTC), un ensemble d’équipements radar exclusif qui permet à l’IUT de Rouen d’harmoniser et d’enrichir son offre de formation de haut niveau autour des Micro-ondes et Radar à destination des industriels du domaine des radiofréquences, radars, optoélectronique et télécoms.

Ce travail initié en Normandie porte ses fruits au niveau national avec l’organisation au sein de l’IRT Saint Exupéry à Toulouse, les 14 et 15 octobre prochains, du National Reliability Technology Workshop qui sera focalisé sur la fiabilité des composants de puissance. Tout cela n’est qu’une courte illustration des bénéfices de ces regroupements de professionnels. Mais cela montre que personne ne baisse les bras, et que personne ne doute non plus de l’avenir du fantastique secteur aéronautique et spatial pour notre nation.

Michel Polacco

Liens :

www.nae.fr

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