previous arrow
next arrow
Slider

Le retour en vol de Vega valide un nouveau service de lancement partagé

vega

Jeudi 3 septembre 2020

Le premier lancement partagé de Vega utilisant le dispenseur pour petits satellites SSMS a décollé depuis le Port spatial de l’Europe situé à Kourou, en Guyane, à 03h51 CEST ce 3 septembre (22h51 heure locale le 2 septembre).

Le retour en vol de Vega aujourd’hui valide de nouvelles capacités de lancement sur un lanceur développé par l’ESA, tout en assurant la continuité de l’accès garanti et indépendant de l’Europe à l’espace.

Ce vol marque l’efficacité et la rapidité avec laquelle l’industrie, sous la direction de l’ESA en tant qu’Autorité de qualification du système de lancement Vega, a implémenté les mesures et actions correctives recommandées par la Commission d’enquête indépendante qui a analysé l’échec du vol Vega VV15 survenu le 10 juillet 2019.

« Le travail a repris au Port spatial de l’Europe et nous sommes fiers que Vega reprenne ses vols par la validation d’un nouveau service de lancement. Le premier vol de SSMS, le service de lancement de petits satellites, ouvre la porte à un accès à l’espace de routine et bon marché pour les petits satellites, une nouvelle approche qui montre que nous adressons de nouveaux besoins du marché, » a commenté Daniel Neuenschwander, Directeur du transport spatial à l’ESA.

Ce vol est un lancement de validation organisé par Arianespace dans le cadre de l’initiative LLL (Light satellites, Low cost, Launch opportunities) de l’ESA visant à fournir des opportunités de lancement à bas coût pour les petits satellites. Cette initiative a été décidée par le Conseil de l’ESA au niveau ministériel en 2016 afin de préparer la voie à des services de routine pour les petits satellites à bord des lanceurs européens Vega/Vega-C et Ariane 6.

Le dispenseur SSMS est une structure modulaire et légère en fibre de carbone conçue pour envoyer dans l’espace de multiples charges utiles de petite taille et être configurée peu avant le lancement pour embarquer un nombre variable de satellites de différentes tailles. Vega peut ainsi offrir des opportunités de lancement bon marché et commodes pour les petits satellites, sans les contraintes liées au fait d’être une charge utile secondaire aux côtés d’un satellite beaucoup plus grand. Le dispenseur sera désorbité une fois les satellites déployés pour éviter de créer des débris spatiaux supplémentaires.

« Ce lancement démontre la capacité de l’ESA à innover dans le but de réduire les coûts, à devenir plus flexible, plus agile, et à s’engager pour la commercialisation, » a déclaré Jan Wörner, Directeur général de l’ESA, ajoutant que « Cette capacité accrue d’accès à l’espace pour de petits satellites innovants va produire des résultats positifs dans des domaines allant de la nouvelle recherche environnementale à la démonstration de nouvelles technologies. »

Les petits satellites ont ouvert des possibilités d’accès à l’espace à des fins de recherche et d’applications commerciales aux entreprises et aux utilisateurs institutionnels, et sont au cœur de l’économie NewSpace.

Vega embarquait sept microsatellites d’un poids de 15 à 150 kg ainsi que 46 CubeSats (nanosatellites) pour insertion sur deux orbites héliosynchrones, à respectivement 515 et 530 km d’altitude. La séparation du dernier satellite s’est produite environ 104 minutes après le décollage.

Environ la moitié de la masse totale des 53 satellites embarqués par Arianespace sur le vol d’aujourd’hui provient d’états européens (huit états sont représentés), et l’ESA a contribué au développement de quatre de ces 53 satellites, le microsatellite ESAIL de 113 kg et les CubeSats Simba, Picasso et FSSCat/Φ-sat-1.

Le satellite ESAIL, construit au Luxembourg par LuxSpace, aidera à fournir des services spatiaux de nouvelle génération pour le trafic maritime. Il suivra les navires au niveau mondial en détectant les messages du système d’identification automatique, améliorant ainsi la sécurité en mer. Il contribuera également à la surveillance de la pêche et à la protection de l’environnement.

Simba, dirigé par l’Institut royal météorologique de Belgique (avec l’Université de Louvain et ISISpace aux Pays-Bas) est un CubeSat qui utilisera un radiomètre miniature afin de mesurer dans toutes les longueurs d’ondes deux variables climatiques importantes, le rayonnement solaire entrant et le rayonnement terrestre sortant, et faire la démonstration d’un système précis de contrôle d’attitude. Le CubeSat Picasso (dirigé par l’Institut royal d’aéronomie spatiale de Belgique avec le Centre de recherche technique de Finlande et Clyde Space du Royaume-Uni) mesurera la distribution de l’ozone stratosphérique, la température dans la mésosphère – au moyen d’un imageur multispectral miniature nouvellement développé – et la densité des électrons dans l’ionosphère grâce à un ensemble de quatre nouvelles sondes électrostatiques.

La mission Système de satellites fédérés FFSCat proposée par l’Université polytechnique de Catalogne (Espagne) au Copernicus Masters en 2017 a été développée par un consortium de sociétés et d’instituts européens. Elle permet la première initiative de l’ESA utilisant l’intelligence artificielle à bord d’une mission d’observation de la Terre. Cette technologie de pointe nommée Φ-sat-1 (prononcer “Phisat-1”) permettra aux seules données utilisables d’être transmises sur Terre. Cela garantit un traitement efficace des données afin que les utilisateurs aient accès à des informations opportunes, ce qui profite au final à la société dans son ensemble.

Le vol d’aujourd’hui de Vega a été financé en partie par l’Union européenne dans le cadre du programme Horizon 2020 au sein de l’Accord de contribution entre l’ESA et l’Union européenne sur les activités de technologie spatiale signé le 16 avril 2019. Cela comprend la démonstration et la validation en vol de ce nouveau service de lancement partagé, ainsi que le service de lancement pour le microsatellite UPMSat-2.

Les batteries du lanceur Vega et des satellites ont été rechargées dans toutes les conditions de sécurité requises après que plusieurs tentatives de lancement au mois de juin ont dû être interrompues en raison de conditions météorologiques défavorables au-dessus du Port spatial de l’Europe.
À propos du SSMS

Le dispenseur du service de lancement de petits satellites SSMS est de conception modulaire, ce qui permet de l’adapter à différentes exigences de lancement. Il convient pour le lancement de petits satellites dont la masse varie entre 1 kg (CubeSat) et 500 kg (microsatellite). SAB Aerospace a conçu et fabriqué ce dispenseur modulaire pour AVIO, maître d’œuvre du lanceur Vega pour l’ESA.
À propos de Vega

Le lanceur léger européen Vega a décollé pour la première fois en février 2012. Il s’agit d’un lanceur monocorps de trois mètres de diamètre et de 30 mètres de haut. Il possède trois étages propulsifs à propergol solide, surmontés d’un module supérieur à ergols liquides pour le contrôle de l’attitude et de l’orbite, et la séparation du satellite.

L’ESA regarde vers le futur avec Vega-C, une version plus puissante de Vega, dont le premier vol est prévu en 2020. Vega-C permettra d’embarquer 700 kg supplémentaires ainsi qu’un plus grand volume dans une coiffe plus large à un coût similaire à celui de Vega. Cela permettra d’embarquer encore plus de passagers lors d’un vol partagé et donc de baisser significativement le coût au kilogramme.

Source: ESA

http://www.esa.int/vega
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!